
Les Prairies canadiennes, formées principalement de l’Alberta, de la Saskatchewan et du Manitoba, constituent le principal bassin de grandes cultures du pays. Leurs vastes espaces cultivables, leur relief généralement favorable à la mécanisation et leurs exploitations spécialisées expliquent leur réputation de « grenier agricole du Canada ».
Cette appellation repose sur une réalité mesurable. Selon le Recensement de l’agriculture de 2021, ces trois provinces représentaient 82,3 % de la superficie agricole canadienne, mais seulement 47,5 % des exploitations. Elles concentraient également 99,2 % des superficies de canola, 97,6 % de celles de blé de printemps et 96,2 % de celles d’orge.
Cette puissance agricole ne résulte pourtant pas uniquement de la fertilité des sols. Elle dépend aussi de l’histoire du peuplement, des réseaux ferroviaires, des investissements dans les machines, de la recherche agronomique et de la capacité des producteurs à gérer un climat continental exigeant. Derrière les immenses champs de céréales se trouve un système agricole diversifié, performant dans certaines conditions, mais exposé à des risques climatiques et économiques croissants.
Comprendre le rôle agricole des Prairies en trois points
- Les trois provinces des Prairies réunissaient 82,3 % de la superficie agricole canadienne en 2021, selon Statistique Canada.
- Le blé, le canola, l’orge et les légumineuses structurent une agriculture mécanisée, adaptée aux sols et aux conditions climatiques régionales.
- La sécheresse, les fenêtres de culture courtes et les besoins d’investissement rendent la gestion des risques et l’innovation essentielles.
- Pourquoi les céréales dominent-elles de vastes zones agricoles de l’Ouest canadien ?
- Comment les fermes des Prairies gèrent-elles des superficies agricoles aussi vastes ?
- Blé, canola ou légumineuses : quelles cultures dominent selon les régions des Prairies ?
- Pourquoi sécheresse et chaleur deviennent-elles un risque majeur pour les récoltes des Prairies ?
- Quand semer et récolter dans les Prairies lorsque la fenêtre climatique est courte ?
- Biotechnologies végétales et agricoles : quels usages se développent au Canada ?
- Pourquoi les entreprises technologiques agricoles se concentrent-elles autour de quelques grandes villes canadiennes ?
- Pourquoi les biotechnologies végétales progressent-elles autour de certains centres de recherche canadiens ?
Pourquoi les céréales dominent-elles de vastes zones agricoles de l’Ouest canadien ?
Les céréales occupent une place importante dans les Prairies parce que les grandes étendues relativement planes facilitent leur culture mécanisée. Associées à des sols agricoles productifs et à une organisation historique tournée vers les marchés céréaliers, ces caractéristiques permettent de cultiver de vastes superficies. Cette spécialisation reste néanmoins partielle : le canola et les légumineuses occupent aussi des surfaces considérables.
La géographie constitue le premier facteur explicatif. Une partie des paysages agricoles des Prairies a été façonnée par les glaciations et les dépôts glaciaires ou lacustres. Les surfaces relativement planes permettent de travailler de longues parcelles avec des semoirs, pulvérisateurs et moissonneuses-batteuses de grande largeur. La qualité et la profondeur des sols varient toutefois fortement selon les endroits : toutes les terres ne présentent pas les mêmes aptitudes agricoles.
La mécanisation modifie ensuite l’économie des exploitations. Sur une grande parcelle, une machine peut travailler longtemps avec moins de changements de direction et de déplacements improductifs. Lorsque le matériel est suffisamment utilisé, ses coûts fixes peuvent être répartis sur davantage d’hectares. Ce mécanisme favorise l’agrandissement, sans garantir que les plus grandes fermes soient toujours les plus rentables.
82,3 %
Part de la superficie agricole canadienne située en Alberta, en Saskatchewan et au Manitoba en 2021. Cet indicateur mesure la superficie des exploitations, et non leur part dans le volume national des récoltes.
Données du Recensement de l’agriculture de 2021 de Statistique Canada : portrait régional.
L’histoire a renforcé cette orientation. La Loi des terres de la Confédération, le développement du chemin de fer et les politiques de colonisation agricole ont contribué à organiser le territoire autour de fermes commerciales reliées aux marchés. Les stations de recherche agricole, notamment à Indian Head, en Saskatchewan, ont également accompagné l’adaptation des cultures aux conditions locales.
Il serait cependant inexact de décrire les Prairies comme une immense monoculture de blé. Les rotations peuvent associer céréales, canola, pois, lentilles et cultures fourragères. Elles permettent notamment de diversifier les débouchés et de gérer certains problèmes de fertilité, de maladies ou de mauvaises herbes.
Le grenier agricole canadien est ainsi le résultat d’une rencontre entre un territoire favorable, des infrastructures historiques et une organisation productive adaptée aux grandes superficies.
Comment les fermes des Prairies gèrent-elles des superficies agricoles aussi vastes ?
Les grandes exploitations des Prairies combinent machines de forte capacité, guidage GPS, planification des travaux et outils financiers pour gérer leurs superficies. Leur priorité consiste à réaliser les opérations agricoles au bon moment, malgré les distances, les coûts du matériel et les aléas météorologiques. La superficie seule ne détermine donc pas leur performance : l’organisation compte tout autant.
Un semoir de grande largeur permet de couvrir davantage de terrain pendant les périodes favorables. Les systèmes de guidage satellite aident à maintenir des trajectoires régulières et à limiter les recouvrements. Certaines machines disposent aussi d’un contrôle automatique des sections, permettant de réduire les doubles applications d’intrants aux bordures ou dans les zones déjà travaillées.
Les opérations doivent être coordonnées avec l’approvisionnement en semences, en carburant et en produits agricoles. Au moment des récoltes, les camions, les installations de stockage et les possibilités de livraison deviennent aussi importants que les moissonneuses-batteuses.
La répartition géographique des parcelles représente un autre enjeu. Des terres éloignées les unes des autres peuvent être exposées à des épisodes météorologiques différents. Cette dispersion peut contribuer à limiter l’effet d’un événement très localisé, comme la grêle, mais augmente les déplacements et complique l’organisation. Il ne s’agit donc pas d’une stratégie universellement avantageuse.
Sur le plan économique, les agriculteurs peuvent combiner propriété et location de terres, contrats de livraison, assurances agricoles provinciales et programmes publics de gestion des risques. Ces instruments ne suppriment ni les pertes possibles ni les contraintes de trésorerie. Les engagements commerciaux doivent notamment être compatibles avec les volumes réellement disponibles.
La coopération entre exploitations constitue également une solution : partage de certains équipements, recours à des entrepreneurs agricoles ou entraide pendant les périodes de forte activité. Ces arrangements permettent d’accéder à des capacités de travail sans supporter systématiquement l’intégralité du coût d’une machine.
La taille des exploitations crée donc un avantage potentiel de productivité, mais elle rend aussi les fermes dépendantes d’une exécution rapide des travaux et d’une maîtrise rigoureuse des investissements.
Blé, canola ou légumineuses : quelles cultures dominent selon les régions des Prairies ?
La répartition des cultures dans les Prairies varie selon la chaleur disponible, les précipitations, les sols et les débouchés commerciaux. Le blé dur et certaines légumineuses sont particulièrement adaptés à des secteurs secs et relativement chauds, tandis que le canola et d’autres céréales sont présents dans de nombreuses zones. Aucune province ne possède toutefois une culture dominante uniforme sur tout son territoire.
La Saskatchewan illustre cette diversité. D’après le Recensement de l’agriculture de 2021, le canola représentait 29,7 % de ses terres cultivées, le blé de printemps 17,6 %, le blé dur 11,6 % et les lentilles 9,3 %. L’orge occupait également 9,0 % des terres cultivées provinciales.
La même année, la Saskatchewan regroupait 81,4 % des superficies canadiennes de blé dur et 53,8 % de celles de canola, selon l’analyse de Statistique Canada sur l’agriculture en Saskatchewan. Ces proportions concernent les surfaces déclarées, et non les quantités effectivement récoltées.
Une grille agronomique permet de comprendre les principales différences régionales.
| Zone ou conditions | Cultures fréquentes ou adaptées | Facteurs explicatifs |
|---|---|---|
| Secteurs méridionaux chauds et relativement secs | Blé dur, lentilles, pois et autres cultures adaptées | Chaleur estivale, disponibilité limitée en eau et propriétés des sols |
| Zones centrales de grandes cultures | Blé de printemps, canola, orge et légumineuses | Rotations, conditions agronomiques et débouchés commerciaux |
| Zones plus fraîches ou relativement humides | Canola, céréales de printemps et cultures fourragères | Durée de croissance, humidité et adaptation variétale |
| Régions agricoles du Manitoba | Céréales, canola, soja et maïs-grain dans les secteurs adaptés | Conditions thermiques, sols et systèmes agricoles régionaux |
La température ne se résume pas à un maximum estival. Les agronomes prennent notamment en compte l’accumulation de chaleur pendant la saison de croissance, les risques de gel, la réserve en eau du sol et les besoins propres à chaque culture. Les unités thermiques constituent un indicateur utile, mais les méthodes de calcul dépendent des espèces considérées.
Le développement du soja et du maïs dans certaines régions illustre l’intérêt porté à de nouvelles possibilités agronomiques. Il ne suffit toutefois pas d’observer une saison chaude pour conclure qu’une culture deviendra durablement rentable plus au nord : les gelées, les maladies et les conditions hydriques restent déterminantes.
Enfin, le canola n’est pas une céréale : il appartient aux cultures oléagineuses. Sa présence dans les rotations peut aider à diversifier les systèmes, mais elle ne garantit pas à elle seule la rupture des cycles de ravageurs. Les successions culturales doivent rester adaptées aux risques phytosanitaires locaux.
La diversité des cultures constitue une force des Prairies, mais leurs rendements restent étroitement liés à la disponibilité de l’eau pendant les phases sensibles du développement végétal.
Pourquoi sécheresse et chaleur deviennent-elles un risque majeur pour les récoltes des Prairies ?
La sécheresse et la chaleur menacent les récoltes des Prairies parce qu’une grande partie des cultures dépend directement des précipitations. Lorsque l’humidité du sol devient insuffisante pendant une phase sensible, notamment la floraison ou la formation des grains, les rendements peuvent diminuer fortement. Une période chaude est particulièrement problématique lorsqu’elle coïncide avec un manque d’eau.
Dans les secteurs semi-arides, le déficit hydrique peut s’installer dès le printemps. La réserve d’eau disponible dépend notamment de la profondeur du sol, de sa texture, de sa structure et de son humidité initiale. Les sols bruns et brun-foncés des régions sèches ne présentent donc pas tous la même capacité à alimenter les plantes pendant plusieurs semaines sans pluie.
Il faut distinguer deux phénomènes. Une sécheresse prolongée réduit progressivement les ressources disponibles pour la croissance. Un épisode de chaleur intense peut provoquer un stress important en quelques jours, particulièrement lorsque les plantes sont au stade de la floraison ou du remplissage des grains.
Leur combinaison est critique : une culture peut traverser un été relativement sec avec des conséquences limitées si les pluies surviennent aux périodes déterminantes, tandis qu’un épisode défavorable au mauvais stade peut affecter fortement la production. Les seuils de sensibilité varient selon l’espèce, la variété et les conditions locales.
Pour limiter ces risques, les producteurs utilisent plusieurs stratégies complémentaires. Le semis sans labour, la conservation des résidus végétaux et certaines pratiques de protection des sols peuvent aider à réduire l’érosion et à préserver l’humidité. Le choix de variétés adaptées et l’implantation de cultures pérennes sur les terrains fragiles constituent d’autres réponses.
Ces pratiques sont présentées dans la publication technique d’Agriculture et Agroalimentaire Canada sur les cultures en conditions de sécheresse. Leur efficacité varie selon les caractéristiques des parcelles et les systèmes de production.
L’irrigation apporte une possibilité supplémentaire dans certaines régions, particulièrement dans le sud de l’Alberta. Elle exige néanmoins des infrastructures, de l’énergie et un accès autorisé à l’eau. Les disponibilités hydriques et les restrictions applicables aux prélèvements peuvent limiter cette stratégie, notamment lorsque les débits des cours d’eau sont faibles.
La gestion de l’eau devient indissociable de la planification agricole : une culture adaptée au territoire doit aussi pouvoir accomplir son cycle avant que les conditions météorologiques ne deviennent défavorables.
Quand semer et récolter dans les Prairies lorsque la fenêtre climatique est courte ?
Dans les Prairies, les semis de nombreuses grandes cultures se déroulent principalement au printemps, souvent entre avril et mai selon les régions et les conditions, tandis que les récoltes se concentrent généralement entre la fin de l’été et l’automne. Les dates doivent être ajustées au réchauffement des sols, à leur portance, à la maturité des cultures et aux risques de gel.
La fenêtre climatique est courte par rapport à celle de régions tempérées plus méridionales. Après la fonte des neiges, les exploitants doivent préparer et ensemencer les parcelles suffisamment tôt pour permettre aux plantes d’achever leur développement. Mais entrer dans un champ trop humide peut provoquer un tassement du sol et compromettre les opérations suivantes.
Le choix du moment des semis dépend donc davantage des conditions observées que d’une date inscrite au calendrier. La température mesurée à la profondeur de semis, l’humidité, la météo attendue et les besoins de germination de chaque espèce constituent des repères pratiques.
Un retard printanier peut repousser la maturité vers une période où les températures baissent et où les épisodes pluvieux compliquent la récolte. Les conséquences ne sont pas automatiquement proportionnelles au nombre de jours perdus : elles dépendent de la variété, de son cycle de croissance et de la météo de la saison.
À l’automne, la question n’est pas seulement de récolter avant le gel. Les agriculteurs surveillent aussi l’humidité du grain et les paramètres de qualité commerciale. Un grain trop humide peut nécessiter un séchage ou des précautions supplémentaires de stockage.
Checklist : préparer une campagne de culture dans les Prairies
- Identifier les cultures et les variétés retenues pour chaque parcelle ; produire un tableau indiquant leurs besoins de maturation.
- Consulter les données météorologiques locales et les observations des sols ; établir une fiche de conditions de démarrage pour les semis.
- Comparer les besoins de chaque culture à la saison de croissance habituelle ; établir un calendrier prévisionnel par parcelle.
- Vérifier les capacités des semoirs, des pulvérisateurs, des moissonneuses et du transport ; produire un planning des opérations prioritaires.
- Prévoir les alternatives en cas de retard, de sécheresse ou de pluie à la récolte ; formaliser un plan d’ajustement avec les décisions possibles.
Les stations météorologiques locales, les observations de terrain et les outils numériques de suivi de croissance facilitent ces ajustements. Ils peuvent éclairer les décisions, sans éliminer l’incertitude météorologique.
Cette nécessité d’anticipation explique une partie de l’intérêt porté à la sélection variétale et aux biotechnologies agricoles, qui cherchent notamment à développer des cultures adaptées aux contraintes du milieu.
Biotechnologies végétales et agricoles : quels usages se développent au Canada ?
Au Canada, les biotechnologies végétales servent notamment à améliorer les caractéristiques des cultures, à étudier leur résistance aux maladies et à développer de nouvelles variétés. Elles regroupent plusieurs techniques différentes : sélection assistée par marqueurs, édition génomique et modification génétique. Leurs applications potentielles dans les Prairies concernent notamment l’adaptation au climat, la protection des récoltes et la qualité des produits agricoles.
La sélection assistée par marqueurs utilise des informations génétiques pour identifier plus rapidement les plantes possédant certains caractères recherchés. Elle peut faciliter les programmes de sélection sans nécessiter une modification ciblée de l’ADN.
L’édition génomique intervient autrement. Des techniques comme CRISPR-Cas permettent de réaliser des modifications ciblées de séquences génétiques. Elles peuvent notamment provoquer des changements dans l’ADN sans introduire nécessairement du matériel génétique étranger.
Les plantes génétiquement modifiées développées par des méthodes de transformation génétique constituent encore une autre catégorie. Certaines variétés agricoles ont été conçues pour présenter des caractéristiques particulières, comme une tolérance à certains herbicides. La méthode utilisée et le caractère obtenu doivent être distingués lors de l’évaluation.
| Approche | Principe | Intérêt agricole |
|---|---|---|
| Sélection assistée par marqueurs | Identifier des caractères génétiques utiles dans les programmes de sélection | Orienter plus efficacement le choix des lignées |
| Édition génomique | Modifier de manière ciblée certaines séquences d’ADN | Étudier ou développer des caractères précis |
| Modification génétique par transformation | Introduire ou modifier du matériel génétique selon la méthode utilisée | Obtenir certaines caractéristiques agronomiques recherchées |
Dans les Prairies, ces approches peuvent être mobilisées dans des travaux concernant le blé, le canola ou les légumineuses. La recherche sur la résistance aux maladies, les caractéristiques de qualité et l’adaptation aux stress environnementaux présente un intérêt particulier. Il faut toutefois distinguer les objectifs de recherche, les résultats expérimentaux et les variétés effectivement commercialisées.
Le cadre réglementaire canadien repose notamment sur les caractéristiques et la nouveauté du produit final, plutôt que sur la seule méthode utilisée pour l’obtenir. Selon l’usage et les caractéristiques du produit, différentes évaluations peuvent être nécessaires.
L’Agence canadienne d’inspection des aliments explique les techniques d’édition génomique et leur surveillance réglementaire. Elle intervient notamment dans les domaines de la sécurité environnementale des végétaux et des aliments pour animaux, tandis que Santé Canada est responsable de l’évaluation de la sécurité des aliments destinés à la consommation humaine.
Les débats sur l’information des consommateurs et l’étiquetage ne doivent pas être confondus avec les règles d’autorisation des produits. Ils soulèvent des questions distinctes de transparence, de caractéristiques alimentaires et de choix des consommateurs.
Le développement de ces technologies dépend autant des compétences scientifiques que de leur capacité à rejoindre les exploitations, ce qui explique l’apparition de pôles spécialisés dans certaines villes canadiennes.
Pourquoi les entreprises technologiques agricoles se concentrent-elles autour de quelques grandes villes canadiennes ?
Les entreprises canadiennes de technologies agricoles se regroupent dans certains pôles urbains parce qu’elles y trouvent des chercheurs, des ingénieurs, des universités, des investisseurs et des partenaires industriels. Des villes comme Saskatoon, Calgary et les grands centres technologiques ont des atouts différents. La proximité des exploitations reste néanmoins indispensable pour tester les équipements et vérifier leur utilité sur le terrain.
Les technologies agricoles modernes mobilisent plusieurs disciplines. Une plateforme d’analyse de données exige des compétences informatiques ; un capteur agronomique combine électronique et connaissance des sols ; un équipement de pulvérisation automatisée nécessite également des savoir-faire mécaniques et agronomiques.
Réunir ces compétences dans un même environnement facilite les échanges entre laboratoires, entreprises et organismes de financement. Les incubateurs, programmes d’accompagnement et partenariats universitaires peuvent renforcer cette concentration en offrant aux jeunes entreprises un accès plus direct aux ressources nécessaires.
Il faut cependant distinguer la localisation des équipes de conception de celle des essais agricoles. Une entreprise peut développer ses logiciels dans un grand centre urbain, tout en expérimentant ses solutions sur des fermes situées à plusieurs heures de route.
Cette séparation répond à des besoins différents. La ville facilite le recrutement de développeurs, l’accès aux services spécialisés et les rencontres avec les investisseurs. Les parcelles d’essai permettent de confronter les innovations aux sols, aux machines et aux conditions météorologiques réelles.
La concentration territoriale présente aussi une limite. Les exploitations éloignées des principaux centres peuvent rencontrer davantage de difficultés à accéder à l’assistance technique, aux démonstrations et à une connectivité suffisante. L’adoption d’un outil dépend alors de son prix, de sa fiabilité et de son accessibilité, pas seulement de ses performances théoriques.
Le rôle des investissements publics doit également être apprécié avec nuance : les financements peuvent soutenir les partenariats et les infrastructures, mais leur existence ne prouve pas qu’une région bénéficie automatiquement d’une innovation plus productive.
Pour comprendre pourquoi certains pôles deviennent particulièrement influents, il faut ensuite examiner les infrastructures scientifiques nécessaires au développement des nouvelles variétés végétales.
À retenir pour comprendre l’innovation agricole des Prairies
- Une technologie adaptée aux grandes cultures doit être évaluée dans des conditions représentatives des exploitations auxquelles elle est destinée.
- Les partenariats entre recherche publique, universités et entreprises peuvent faciliter le passage de la découverte scientifique au développement variétal.
- La disponibilité de laboratoires spécialisés, de terrains d’expérimentation et de compétences réglementaires influence la localisation des activités de recherche.
Pourquoi les biotechnologies végétales progressent-elles autour de certains centres de recherche canadiens ?
Les biotechnologies végétales se développent autour de centres de recherche spécialisés parce que leurs infrastructures, leurs équipements et leurs compétences scientifiques sont coûteux à réunir. Au Canada, Saskatoon constitue un exemple important de concentration des activités liées aux grandes cultures. La proximité entre laboratoires, universités, organismes publics, entreprises semencières et parcelles expérimentales favorise les collaborations et l’amélioration variétale.
La Saskatchewan possède une forte spécialisation agricole qui contribue à expliquer l’intérêt de cette localisation. Les cultures de blé, de canola et de légumineuses offrent aux chercheurs un environnement particulièrement pertinent pour étudier les caractères agronomiques recherchés dans les Prairies.
L’Université de la Saskatchewan et les activités de recherche agricole fédérales participent à cet écosystème scientifique. Autour de ces institutions peuvent se développer des partenariats concernant la génétique végétale, la protection des cultures, la qualité des grains et les méthodes de sélection.
Il existe néanmoins plusieurs étapes entre une découverte scientifique et son utilisation par un agriculteur. La recherche fondamentale cherche notamment à mieux comprendre le fonctionnement biologique des plantes. La recherche appliquée explore des solutions à des problèmes agronomiques identifiés. Le développement variétal doit ensuite vérifier la stabilité des caractères et les performances des lignées dans différentes conditions.
Les installations spécialisées jouent un rôle déterminant. Les serres permettent de contrôler certains paramètres environnementaux. Les chambres de croissance ou phytotrons servent à observer les réactions des plantes dans des conditions définies. Les plateformes de génotypage facilitent l’analyse du matériel génétique, tandis que les essais en plusieurs lieux permettent de comparer les performances sur différents territoires.
Ces infrastructures nécessitent du matériel, des équipes qualifiées, des procédures de qualité et des investissements durables. Leur mutualisation peut donc présenter des avantages pour les institutions et leurs partenaires.
La dimension réglementaire complète cet ensemble. Les expérimentations et la mise en marché de produits végétaux présentant certaines caractéristiques nouvelles peuvent être soumises à des exigences précises. Les obligations dépendent notamment du produit, de son usage et de sa classification réglementaire. La compétence des équipes chargées de ces dossiers peut faciliter la préparation des évaluations requises, sans préjuger de leur résultat.
La proximité entre la recherche et les producteurs constitue enfin un atout pratique. Elle permet de mieux identifier les problèmes rencontrés dans les champs et de confronter les innovations aux exigences de rendement, de qualité, de coût et de gestion des risques.
Pour comprendre la place des Prairies dans l’économie agricole du Canada, il est donc utile de considérer ensemble les superficies cultivées, la diversité des productions, les contraintes climatiques et les capacités de recherche. Cette lecture permet de dépasser l’image traditionnelle du grenier à blé et de saisir les transformations d’un système agricole fondamental pour le pays.
Quelles provinces composent les Prairies canadiennes ?
Les Prairies canadiennes désignent généralement l’Alberta, la Saskatchewan et le Manitoba. Ces trois provinces de l’Ouest concentrent une grande partie des superficies agricoles du pays, même si leurs paysages, leurs sols et leurs productions présentent des différences importantes.
Quelle province canadienne possède la plus grande superficie agricole ?
La Saskatchewan occupait la première place selon les données du Recensement de l’agriculture de 2021 présentées dans les sources utilisées. Elle représentait 39,2 % de la superficie agricole totale du Canada et regroupait 43,1 % des terres cultivées du pays. Ces chiffres décrivent la situation recensée en 2021.
Les Prairies canadiennes produisent-elles uniquement du blé ?
Non. Outre le blé de printemps et le blé dur, les exploitations cultivent notamment du canola, de l’orge, des lentilles, des pois et des cultures fourragères. Certaines régions produisent également du soja et du maïs. La répartition varie selon les conditions locales, les rotations et les marchés.
Pourquoi les exploitations des Prairies sont-elles souvent très grandes ?
Les grandes superficies relativement planes facilitent l’utilisation de machines agricoles à forte capacité. L’histoire de l’aménagement du territoire et la spécialisation dans les grandes cultures ont également contribué à cette structure. Les économies d’échelle potentielles doivent cependant être mises en balance avec le coût du matériel, du foncier et des déplacements.
Le changement climatique pourrait-il modifier la carte agricole des Prairies ?
Oui, les changements de température, de précipitations et de fréquence des événements extrêmes peuvent modifier les possibilités de culture. Certaines régions pourraient disposer de davantage de chaleur pendant la saison de croissance, tandis que les sécheresses et les épisodes de chaleur pourraient accentuer les risques. Les effets dépendront des sols, de l’eau disponible, des variétés et des pratiques agricoles.